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Quelles sont les langues parlées aux États-Unis ?

Les cartes présentées ici reflètent bien le multiculturalisme et la richesse linguistique qui existent aujourd’hui aux États-Unis. Voici diverses explications et anecdotes qui permettent d’expliquer et d’illustrer le puzzle linguistique qui s’est formé depuis des décennies sur le sol américain.

Un peu de contexte

L’une des principales bases de données pour les apprentis cartographes est l’American Community Survey (ACS) du Census Bureau fédéral. Nous y retrouvons une enquête qui expose un examen détaillé des langues parlées au sein des foyers américains. Toutes les cartes mentionnées sont basées sur les réponses recueillies à la suite de cette enquête, renseignées individuellement et non via un choix prédéfini. Par exemple, le mandarin, le cantonais et les autres dialectes chinois sont parfois représentés par des réponses différentes dans les données et ont donc été traitées comme des langues différentes lors de la construction de ces cartes. Il apparait clairement que si ces langues avaient été regroupées sous « chinois », le marquage de nombreux États aurait été différent. De plus, la langue hawaïenne, considérée comme une langue des îles du Pacifique, suivant les préconisations de classification de l’ACS, n’est pas associée à la carte des langues autochtones américaines. Dernière précision avant de rentrer dans le vif du sujet, l’orthographe de chaque langue est basée sur la langue de l’ACS.

Au fil des données

Comme attendu, la première carte démontre clairement l’importance des communautés hispanique et latino-américaines. On relève tout de même quelques exceptions, notamment liées à l’enclave historique.

Le français est la seconde langue la plus parlée dans des États comme la Louisiane avec près de 300 000 locuteurs réguliers en 2003, ou dans trois États de l’extrême nord-est du pays : le Maine, le New-Hampshire ou le Vermont dans la région de la Nouvelle Angleterre avec encore 400 000 locuteurs en 2006. Les besoins en traduction français anglais sont alors très présents.

Exception notable, l’allemand se positionne dans l’État du Dakota du Nord et sa capitale Bismarck qui s’explique notamment par l’histoire de l’émigration allemande en Amérique au cours du XIVe siècle.

Sur l’État d’Hawaï c’est la langue hawaïenne, le tagalog, qui ressort alors qu’en Alaska c’est logiquement le yupik, de la famille des langues eskimo, qui est parlé par plus de 14 000 locuteurs.

La présence des deux langues principales que sont l’anglais et l’espagnol, couplée à de nombreuses autres langues parlées par l’intermédiaire des communautés offre de nombreuses opportunités et des besoins vitaux en matière de traduction pour faire le lien entre ses différentes langues. L’anglais restant bien sûr la langue pivot de base en matière de communication orale et écrite. Ainsi, la deuxième carte est intéressante à plusieurs points de vue afin d’identifier les langues qui parviennent à exister malgré la dominance de l’anglais et de l’espagnol.

Les différentes langues aux États-Unis

Le premier élément marquant est la présence de langues dites « natives américaines » comme le navajo (170 000 locuteurs) et le dakota (18 000 locuteurs) qui ont perduré dans des États comme le Nouveau Mexique, l’Arizona ou encore le Dakota du Sud. De plus selon le Census Bureau, il existe davantage de locuteurs navajos dans des États comme l’Utah, le Colorado, le Nouveau Mexique et dans l’Arizona qu’au sein de la totalité des États restants. Cela donne bien sûr une idée très précise des zones géographiques où vivaient les natifs américains avant l’arrivée des colons mais également des flux migratoires de ses populations au fil des siècles.

On note aussi la dominance de l’allemand, fortement représenté dans 16 États. Selon les données officielles, on décompte en, 2013 près de 43 millions d’Américains (soit près de 15%) qui se déclarent d’origine allemande. L’implantation de cette communauté se situe essentiellement dans les États du nord du Middle West comme les deux États du Dakota, le Wisconsin, le Dakota du Sud, le Colorado, l’Iowa, etc. C’est l’un des groupes ethniques les plus représentés mais également les plus sous-estimés.

Nous remarquons que le polonais est fortement parlé dans l’Illinois. Le nombre de locuteurs polonais et/ou citoyens américains d’origine polonaise est estimé à 11 millions dont plus de 185 000 dans cet État.

L’État du Michigan accueille quant à lui une forte communauté d’origine arabe avec près de 350 000 locuteurs résidant pour la plupart dans la ville de Dearborn où les enseignes de commerce qui bordent les rues du centre-ville sont affichées à la fois en anglais et en arabe. La communauté irakienne compte plus de 30 000 personnes à Dearborn ; ce sont en majorité des chrétiens chaldéens venus aux États-Unis dans les années 1920 pour travailler dans des usines automobiles.

Même s’il apparait que le coréen est très représenté dans les États de Géorgie et de Virginie, un tiers des Coréens-Américains vivent aujourd’hui en Californie, sur la côte ouest. On relève que 12% de la population d’origine coréenne réside à New-York, et 5% dans l’Illinois et le New-Jersey.

Comme vu précédemment, on retrouve de nombreux locuteurs français en Louisiane mais également dans les États du Mississippi, en Caroline du Sud et du Nord, ainsi que dans de nombreux États de la côte nord-est du pays. Plus de 13 millions de citoyens américains se réclament d’origine française avec plus de deux millions de locuteurs dans le pays. La langue française est la seconde langue la plus pratiquée dans quatre États : La Louisiane, le Maine, le New Hampshire et le Vermont.

On remarque également que le vietnamien est très présent dans des États comme le Texas, l’Oklahoma, le Nebraska et le Washington sur la côte ouest. Les données officielles font état de près d’un million de locuteurs réguliers vietnamiens, ce qui place cette langue en septième position des langues les plus parlées aux États-Unis. Selon les statistiques, près de 600 000 Américains d’origine vietnamienne vivent sur la côte californienne, et plus de 200 000 au Texas. Des quartiers appelés Little-Saigon fleurissent au cœur des grandes villes américaines comme Los Angeles, San Jose, Houston, Dallas, ou encore San Francisco. Récemment cette communauté s’est déplacée vers des États comme l’Ohio (Cleveland), à Tulsa dans l’Oklahoma ou encore à Portland dans l’Oregon.

Le tagalog, langue parlée à l’origine aux Philippines, constitue la cinquième langue la plus parlée aux États-Unis avec plus de 1 250 000 locuteurs actifs. Les États de Californie et du Nevada accueillent la plus large communauté de Philippins du pays.

L’Oregon quant à lui accueille une forte communauté d’origine russe au même titre que toute la côte pacifique et les États de l’Alaska, d’Hawaï et de la Californie.

La langue hmong est parlée par environ 200 000 personnes aux États-Unis avec une forte concentration dans les États du Minnesota, de Californie ou encore du Wisconsin.

En parallèle de nombreuses langues amérindiennes sont encore pratiquées par certaines communautés comme le navajo, le cherokee, le sahaptian, le crow, les shoshoni, l’arapaho, l’hidatsa, le dakota, le potawatomi, le fox, l’ojibwa, le winnebago, le chetemacha, le choctaw, le muskogee, l’oneida, le mohawk, le micmac, le passamaquoddy, le hopi ou encore l’algonquian.

Les langues scandinaves sont également représentées sur le sol américain avec le suédois, le danois et le norvégien.

L’hindi, l’urdu, le nepali, le sinhalese et le gujarati composent les langues indo-aryennes aux États-Unis.

Enfin, les langues africaines comme le kru, ibo, le yoruba, le bantu ou encore l’amharique représentent des communautés originaires du continent africain.

Crédits & Sources

Traduction d’un texte de Ben Blatt

https://slate.com/culture/2014/05/language-map-whats-the-most-popular-language-in-your-state.html

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